1814 Mai 29 Kaiserin Joséphine: letzte Worte an ihre Kinder und an Napoleon

Französischer Originaltext mit deutscher Übersetzung
Original (Französisch)
Übersetzung (Deutsch)

La bonne Joséphine mourante, à son fils Eugène, à sa fille Hortense, et à son infidèle époux1

Die gute Joséphine auf dem Sterbebett2 an ihren Sohn Eugène, ihre Tochter Hortense und ihren untreuen Gemahl

Lorsque Joséphine, cette princesse qui, au faîte des grandeurs, avoit su se concilier l'estime de toute l'Europe, par sa modération, et l'affection des malheureux par sa généreuse bienfaisance, se vit sans espoir de guérison, elle appela auprès de son lit de mort son cher fils Eugène, et sa chère fille Hortense, pour leur faire ses derniers adieux.

Als Joséphine – jene Fürstin, die sich auf dem Gipfel der Macht durch ihre Mäßigung die Achtung ganz Europas und durch ihre großherzige Wohltätigkeit die Zuneigung der Unglücklichen erworben hatte – keine Hoffnung auf Genesung mehr sah, rief sie ihren geliebten Sohn Eugène3 und ihre geliebte Tochter Hortense4 an ihr Sterbebett, um ihnen Lebewohl zu sagen.

Ce fut un spectacle bien attendrissant que celui d'un jeune prince, que sa loyauté a rendu célèbre, arrivé, pour ainsi dire, du sein de l'Italie, pour assister aux derniers momens d'une mère qu'il adoroit! Qui pourra peindre sa douleur, et celle d'une princesse, la plus fidèle image de sa mère, par sa bonté et par sa résignation aux coups terribles de la fortune? Longtemps immobiles d'affliction devant la couche de leur mère, il leur fut impossible de retenir leurs larmes et leurs sanglots. Joséphine, que ‹2› l'adversité avoit rendu courageuse, recueillit le reste de ses forces, se souleva un peu, aidée de ses chers enfans, et leur tint ensuite le discours suivant, que sa faiblesse l'obligea d'interrompre de temps en temps.

Welch ergreifender Anblick: ein junger Prinz, durch seine Treue berühmt geworden, gleichsam aus dem Herzen Italiens herbeigeeilt, um in den letzten Augenblicken einer Mutter bei ihr zu sein, die er über alles liebte! Wer vermöchte seinen Schmerz zu schildern – und den einer Prinzessin, die durch ihre Güte und durch ihre Ergebung in die furchtbaren Schläge des Schicksals das getreueste Abbild ihrer Mutter war? Lange standen beide, starr vor Kummer, am Lager der Mutter und vermochten Tränen und Schluchzen nicht zurückzuhalten. Joséphine, die ‹2› das Unglück mutig gemacht hatte, nahm ihre letzten Kräfte zusammen, richtete sich, von ihren lieben Kindern gestützt, ein wenig auf und sprach dann die folgenden Worte zu ihnen, die sie ihrer Schwäche wegen immer wieder unterbrechen musste.

«Mon cher fils et ma chère fille, c'est pour moi, au moment où je suis sur le point de quitter cette triste vie, une bien douce satisfaction de pouvoir vous donner mes derniers embrassemens. Ne vous affligez point de ma mort, d'une mort qui va mettre un terme à mes peines, et faire entrer en possession d'un bonheur que je n'ai jamais connu …

»Mein lieber Sohn, meine liebe Tochter, in dem Augenblick, da ich im Begriff bin, dieses traurige Leben zu verlassen, ist es mir ein süßer Trost, euch ein letztes Mal umarmen zu dürfen. Trauert nicht um meinen Tod – um einen Tod, der meinen Leiden ein Ende setzen und mich ein Glück erlangen lassen wird, das ich nie gekannt habe …

Devenue veuve, jeune encore, par la fin tragique d'un époux que j'adorois, de ce brave guerrier à qui vous devez le jour, je n'avois plus à espérer qu'une mort semblable à la sienne; et l'échafaud étoit la seule perspective qui se présentât à mes regards dans une prison d'où je voyois chaque jour sortir d'illustres victimes.

Noch jung, wurde ich durch das tragische Ende eines Gatten5 zur Witwe, den ich innig liebte – jenes tapferen Kriegers, dem ihr das Leben verdankt; mir blieb nichts mehr zu erwarten als ein Tod gleich dem seinen, und das Schafott war die einzige Aussicht, die sich mir in einem Gefängnis bot, aus dem ich Tag für Tag erlauchte Opfer hinausgehen sah.

Vous étiez bien jeunes encore, et j'étois loin de prévoir, dans cette affreuse situation, le haut degré de puissance où depuis nous sommes parvenus. Lorsque je fus rendue à la liberté avec tant d'autres Français, comme moi destinés au dernier supplice, la calomnie vint s'attacher à mes pas, et mes liaisons avec un homme revêtu d'une dignité suprême passèrent aux yeux d'un public aussi crédule que méchant, pour l'effet d'un caractère […]. [Celui] qui me jugera m'est témoin qu'en cultivant l'amitié de cet homme, je n'avois d'autre motif que de vous procurer une existence plus heureuse, un avenir plus doux. ‹3›

Ihr wart damals noch sehr klein, und in dieser entsetzlichen Lage war ich weit davon entfernt, die Höhe der Macht zu ahnen, zu der wir seither aufgestiegen sind. Als ich mit so vielen anderen Franzosen, die wie ich dem Tod geweiht waren, die Freiheit wiedererlangte, heftete sich die Verleumdung an meine Fersen, und meine Beziehungen zu einem Mann, der die höchste Würde im Staat bekleidete6, galten in den Augen einer ebenso leichtgläubigen wie boshaften Öffentlichkeit als Folge eines […] Charakters. [Er,] der mich richten wird,, ist mein Zeuge, dass ich mit der Pflege dieser Freundschaft keine andere Absicht verfolgte, als euch ein glücklicheres Leben und eine freundlichere Zukunft zu sichern. ‹3›

Ce fut chez ce magistrat suprême que je connus pour la première fois … Hélas! Pourquoi [l'ai-]je connu? Les belles actions qu'il avoit déjà […]ités à l'armée, commençoient à appeler sur ce jeune officier les regards des chefs de l'état … Il faisoit concevoir les plus belles espérances. Cette idée me séduisit; je l'épousai … J'osai compter alors sur un long bonheur; et je me disois à moi-même: Mes deux enfans seront donc heureux … Mais, ô vanité des choses humaines! triste sort de l'épouse d'un conquérant! Ce jeune homme n'aimoit que la gloire, et vous savez que tous ses discours ne rouloient que sur cette idole qu'il caressoit sans cesse …

Bei diesem obersten Magistraten lernte ich zum ersten Mal … kennen. Ach! Warum habe ich ihn kennengelernt? Die glänzenden Taten, die er bei der Armee bereits […], begannen die Blicke der Lenker des Staates auf diesen jungen Offizier zu ziehen … Er berechtigte zu den schönsten Hoffnungen. Dieser Gedanke verführte mich; ich heiratete ihn … Damals wagte ich, auf ein langes Glück zu zählen, und sagte mir: So werden meine beiden Kinder glücklich sein … Doch, o Nichtigkeit aller menschlichen Dinge! O trauriges Los der Gattin eines Eroberers! Dieser junge Mann liebte nur den Ruhm, und ihr wisst, dass all seine Reden allein um dieses Idol kreisten, dem er unablässig huldigte …

Séparée de lui pendant dix-huit mois, par la guerre d'Italie, j'eus la douleur de le voir partir pour l'Égypte. Vous l'accompagnâtes, mon cher fils, dans cette aventureuse expédition; et vous, ma chère Hortense, vous restâtes seule auprès de moi, comme ma seule consolation … Oh! Quelle cruelle inquiétude me tourmentait nuit et jour! Quels tristes regards je jetois sans cesse vers les rivages égyptiens! De quel tremblement j'étois saisie à chaque lettre que je recevois de cette contrée lointaine! Si je reconnoissois l'écriture de mon époux, je tremblois pour mon fils; si c'étoit celle de mon fils, je tremblois pour mon époux …

Achtzehn Monate lang durch den Krieg in Italien von ihm getrennt, musste ich zu meinem Schmerz mitansehen, wie er nach Ägypten aufbrach. Du, mein lieber Sohn, hast ihn auf diesem abenteuerlichen Feldzug begleitet; und du, meine liebe Hortense, bliebst allein bei mir, mein einziger Trost … Oh! Welch grausame Unruhe quälte mich Tag und Nacht! Welch traurige Blicke sandte ich unaufhörlich zu den Küsten Ägyptens! Wie zitterte ich bei jedem Brief, der mich aus jenem fernen Land erreichte! Erkannte ich die Handschrift meines Gatten, so bangte ich um meinen Sohn; war es die meines Sohnes, so bangte ich um meinen Gatten …

Enfin, après deux années d'absence et de tourmens, je vous revis l'un et l'autre, et je me félicitai d'un retour qui me laisseroit jouir long-temps de votre présence … Rien ne me manquoit plus à mon bonheur … Vaine illusion! Le ciel me destinoit au rang suprême et à toutes les […] à tous les ennuis, à toutes les ‹4› sollicitudes inséparables de ce rang, au milieu d'une révolution qui m'empêchoit de compter sur rien de stable, et dont la prudence m'avertissoit sans cesse d'appréhender les chances funestes. Plus la fortune m'élevoit, plus je redoutois son inconstance pour moi; et les honneurs qui s'accumuloient autour de nous, me faisoient penser aux humiliations qui pouvoient les remplacer. La dignité d'impératrice ne fit qu'augmenter mes terreurs ... Aussi, bien loin de m'en prévaloir, et de m'oublier dans une si grande fortune, je ne m'occupai que d'inspirer à mon époux les sentimens d'un prince généreux et pacifique ... J'osai lui donner d'utiles conseils; je lui mettois devant les yeux les nombreux périls qui environnent l'ambition; je m'efforçois de le détourner de ces guerres et de ces conquêtes qui, loin d'affermir un trône récemment élevé, ne peuvent qu'ébranler les trônes les plus anciens et les plus solides ... Mais la Gloire, qui étoit ma rivale, étoit seule écoutée …

Endlich, nach zwei Jahren der Trennung und der Qualen, sah ich euch beide wieder und freute mich über eine Heimkehr, die mich eure Gegenwart lange genießen lassen sollte … Nichts fehlte mehr zu meinem Glück … Eitle Täuschung! Der Himmel bestimmte mich zum höchsten Rang und zu all den […], zu all dem Verdruss, zu all den ‹4› Sorgen, die von diesem Rang nicht zu trennen sind – inmitten einer Revolution, die mir nicht erlaubte, auf irgendetwas Beständiges zu zählen, und deren unheilvolle Wechselfälle zu fürchten die Klugheit mich unablässig mahnte. Je höher das Glück mich erhob, desto mehr fürchtete ich seine Unbeständigkeit; und die Ehren, die sich um uns häuften, ließen mich an die Demütigungen denken, die an ihre Stelle treten konnten. Die Würde der Kaiserin vermehrte nur meine Ängste … Weit entfernt also, mich darauf etwas einzubilden und mich in so großem Glück selbst zu vergessen, war ich einzig darauf bedacht, meinem Gatten die Gesinnung eines großmütigen und friedliebenden Fürsten einzuflößen … Ich wagte, ihm nützlichen Rat zu geben; ich hielt ihm die vielen Gefahren vor Augen, die den Ehrgeiz umlauern; ich bemühte mich, ihn von jenen Kriegen und Eroberungen abzubringen, die einen eben erst errichteten Thron nicht festigen, sondern selbst die ältesten und festesten Throne nur erschüttern können … Doch allein der Ruhm, meine Rivalin, fand Gehör …

On a dit que je portois bonheur à ce conquérant; je n'osai d'abord me le persuader, et j'attribuois la grandeur et la rapidité de ses victoires à la profondeur de son génie: depuis quatre ans, j'aime à penser que je pouvois bien être son palladium …

Man hat gesagt, ich hätte diesem Eroberer Glück gebracht; anfangs wagte ich nicht, es zu glauben, und schrieb die Größe und Schnelligkeit seiner Siege der Tiefe seines Genies zu – seit vier Jahren aber denke ich gern, dass ich wohl sein Palladium7 gewesen sein mag …

A cette sage conduite que j'ai tenue sur le trône, vous savez, mon cher Eugène, et vous, ma chère Hortense, combien je me plaisois à joindre la bienfaisance, cette première vertu des souverains. Que de larmes j'ai empêché de couler! que de besoins j'ai prévenus! que de familles infortunées j'ai consolées, soulagées! Cette ‹5› idée fait mon bonheur dans ce terrible moment … Comme j'ai toujours été bonne, j'ai l'intime conviction que l'être souverainement bon me fera miséricorde. Je le bénis de vous avoir donné à chacun un bon cœur. Oui, mon Eugène n'a pas moins de bonté que de courage; et mon Hortense est aussi compatissante qu'elle est belle …

Ihr wisst, mein lieber Eugène, und du, meine liebe Hortense, wie gern ich mit dieser besonnenen Haltung auf dem Thron die Wohltätigkeit verband, diese erste Tugend der Herrscher. Wie viele Tränen habe ich getrocknet, bevor sie flossen! Wie vieler Not bin ich zuvorgekommen! Wie viele unglückliche Familien habe ich getröstet und unterstützt! Dieser ‹5› Gedanke macht mich in dieser schweren Stunde glücklich … Da ich stets gütig war, bin ich zutiefst überzeugt, dass das allgütige Wesen mir Barmherzigkeit erweisen wird. Ich preise es dafür, dass es jedem von euch ein gutes Herz geschenkt hat. Ja, mein Eugène ist nicht weniger gütig als tapfer, und meine Hortense ist ebenso mitfühlend wie schön …

Pourquoi, avec une si noble qualité, pourquoi, malgré le tendre attachement que j'avois pour mon époux, m'a-t-il fait l'affront … Hélas! Tous ses malheurs et les miens datent de cette fatale époque. Vous savez, mes chers enfans, combien j'ai versé de larmes avec vous depuis cette funeste séparation, combien j'aimois l'infidèle, et quelle part j'ai prise à tout ce qui lui est arrivé de désastreux jusqu'à ces derniers temps …

Warum hat mir – bei so edler Gesinnung, trotz der zärtlichen Liebe, die ich für meinen Gatten hegte –, warum hat er mir diese Schmach8 angetan … Ach! All sein Unglück und das meine rühren aus jener verhängnisvollen Zeit. Ihr wisst, meine lieben Kinder, wie viele Tränen ich seit dieser unseligen Trennung mit euch vergossen habe, wie sehr ich den Untreuen liebte und welchen Anteil ich an allem Unheil nahm, das ihn bis in die jüngste Zeit getroffen hat …

Je ne regrette point la vie qui, depuis longtemps, n'avoit plus de charmes pour moi, malgré l'intérêt que de grands princes ont pris à ma situation … Adieu, pour jamais, mes chers enfans! au lieu de vous affliger de ma mort, et de trop penser à moi, songez à vous-mêmes; occupez-vous de vos jeunes enfans; ne vivez désormais que pour les rendre heureux, et accoutumez-les de bonne heure à mépriser ces grandeurs qui ne nous ont produit que des amertumes et des dégoûts … »

Ich trauere dem Leben nicht nach, das für mich längst keinen Reiz mehr hatte, trotz der Anteilnahme, die große Fürsten meinem Schicksal entgegengebracht haben … Lebt wohl für immer, meine lieben Kinder! Anstatt um mich zu trauern und zu viel an mich zu denken, denkt an euch selbst; sorgt für eure kleinen Kinder; lebt fortan nur dafür, sie glücklich zu machen, und lehrt sie früh, jene Größe zu verachten, die uns nichts als Bitterkeit und Überdruss gebracht hat …«

Après avoir ainsi parlé, Joséphine éprouva un suffoquement qui lui fit perdre la respiration et la connoissance. En vain Eugène et Hortense firent leurs efforts pour la rappeler à la vie; elle expira entre leurs bras, couverte de leurs baisers et de leurs larmes. ‹6› Quelques heures avant de tenir le discours que nous venons de rapporter, cette princesse avoit fait écrire, par un secrétaire, la lettre suivante à son ancien époux:

Nachdem sie so gesprochen hatte, erlitt Joséphine einen Erstickungsanfall, der ihr Atem und Bewusstsein raubte. Vergeblich versuchten Eugène und Hortense, sie ins Leben zurückzurufen; sie verschied in ihren Armen, bedeckt von ihren Küssen und Tränen. ‹6› Einige Stunden bevor sie die eben wiedergegebene Rede hielt, hatte die Fürstin durch einen Sekretär den folgenden Brief an ihren früheren Gemahl schreiben lassen:

« MON CHER ÉPOUX,

»MEIN LIEBER GEMAHL9,

C'est pour la dernière fois que votre Joséphine va s'entretenir avec vous. Lorsque vous recevrez cette lettre, j'aurai cessé d'exister. Atteinte depuis deux jours d'une maladie mortelle, je rassemble ce qui me reste de sentiment pour me donner cette dernière consolation. Je ne vous parlerai point du passé; je ne vous remettrai pas sous les yeux tant d'événements, devenus le domaine de la postérité et de l'histoire. Je respecte autant vos remords et vos regrets que vos malheurs; mais si, quand j'étois votre épouse, j'avois le droit de vous dire la vérité, je crois avoir, en mourant, celui de vous donner d'utiles conseils dans la situation extraordinaire où vous vous trouvez aujourd'hui. Vous y reconnoîtrez mon ancien et tendre attachement à votre personne, et vous vous plairez encore à entendre la voix de celle qui vous aimoit, lors même qu'elle n'étoit plus rien pour vous.

Zum letzten Mal wendet sich Ihre Joséphine an Sie. Wenn Sie diesen Brief erhalten, werde ich nicht mehr sein. Seit zwei Tagen von einer tödlichen Krankheit ergriffen, sammle ich, was mir an Besinnung geblieben ist, um mir diesen letzten Trost zu gönnen. Ich will nicht von der Vergangenheit sprechen; ich will Ihnen nicht all die Ereignisse vor Augen führen, die nun der Nachwelt und der Geschichte gehören. Ich achte Ihre Reue und Ihr Bedauern ebenso wie Ihr Unglück; doch wenn ich als Ihre Gattin das Recht hatte, Ihnen die Wahrheit zu sagen, so glaube ich sterbend das Recht zu haben, Ihnen in der außergewöhnlichen Lage, in der Sie sich heute befinden, nützlichen Rat zu geben. Sie werden darin meine alte, zärtliche Zuneigung zu Ihrer Person wiedererkennen und noch einmal gern die Stimme derjenigen hören, die Sie liebte, auch als sie Ihnen nichts mehr bedeutete.

Précipité du plus beau trône de l'univers, par la plus étonnante catastrophe, vous êtes devenu un des exemples les plus mémorables des vicissitudes de la fortune, et votre chute est la leçon la plus éloquente pour tous les princes dont la puissance n'est point fondée sur la sagesse.

Durch die erstaunlichste Katastrophe vom schönsten Thron der Welt gestürzt, sind Sie zu einem der denkwürdigsten Beispiele für die Wechselfälle des Schicksals geworden, und Ihr Sturz ist die eindringlichste Lehre für alle Fürsten, deren Macht nicht auf Weisheit gegründet ist.

Naguères, dominateur de l'Europe, vous ‹7› vous trouvez aujourd'hui à peu près seul, et relégué dans une île voisine de celle où vous reçûtes le jour, et de cette Italie conquise par vos armes. Un tel séjour est bien petit pour celui qui ne trouvoit pas l'Empire français assez vaste; un tel isolement est bien en opposition avec cette cour brillante qui vous environnoit. Sans doute, en mettant le pied dans cette île, vous avez été fortement ému de ces contrastes, et vous avez eu besoin de tout votre courage pour résister à l'accablement qu'ils devoient vous causer.

Noch unlängst Beherrscher Europas, sehen Sie sich ‹7› heute nahezu allein, verbannt auf eine Insel10 nahe derjenigen, auf der Sie geboren wurden, und nahe jenem Italien, das Ihre Waffen erobert haben. Ein solcher Aufenthalt ist recht klein für den, dem das französische Kaiserreich nicht groß genug war; eine solche Einsamkeit steht in schroffem Gegensatz zu dem glänzenden Hof, der Sie umgab. Gewiss hat Sie dieser Gegensatz tief erschüttert, als Sie den Fuß auf diese Insel setzten, und Sie bedurften all Ihres Mutes, um der Niedergeschlagenheit zu widerstehen, die er in Ihnen auslösen musste.

Devenu simple particulier, quelle conduite avez-vous à tenir dans une carrière si nouvelle pour vous? Veuillez bien écouter mes derniers conseils, qui n'ont que votre bonheur pour objet. Si l'adversité vous a rendu sage, vous aurez bientôt oublié ce fantôme de grandeur, que vous aviez embrassé; vous ne regarderez plus que comme un vain songe, cette gloire acquise par le sang d'un million d'hommes; et au lieu de rêver sans cesse de l'avenir et de la postérité, vous mettrez le présent à profit pour reconquérir l'estime de vos contemporains, qui ne cesseront jamais d'avoir les yeux sur vous. Aujourd'hui que l'Europe vous regarde sans inquiétude et sans crainte, apprenez-lui, par votre sagesse à vous gouverner vous-même, ainsi que le petit peuple au milieu duquel vous vivez, que si vous vous êtes laissé aveugler par la bonne fortune, vous savez vous résigner à votre sort et supporter l'adversité. Je vous engage à détourner constamment vos regards du grand rôle que vous avez joué pendant près de seize ans et vous créer des occupations qui ‹8› remplissent le vide actuel de votre esprit, et vous rendent votre solitude aussi agréable qu'elle peut l'être, en attendant que votre destinée s'accomplisse.

Was haben Sie nun, da Sie ein einfacher Privatmann geworden sind, in einer für Sie so neuen Laufbahn zu tun? Hören Sie gütigst meine letzten Ratschläge an, die nichts als Ihr Glück zum Ziel haben. Hat das Unglück Sie weise gemacht, so werden Sie dieses Trugbild der Größe, dem Sie nachgejagt sind, bald vergessen haben; Sie werden jenen Ruhm, erkauft mit dem Blut von einer Million Menschen, nur noch als eitlen Traum ansehen; und statt unablässig von Zukunft und Nachwelt zu träumen, werden Sie die Gegenwart nutzen, um die Achtung Ihrer Zeitgenossen zurückzugewinnen, die nie aufhören werden, Sie im Auge zu behalten. Heute, da Europa ohne Unruhe und ohne Furcht auf Sie blickt, zeigen Sie ihm durch die Weisheit, mit der Sie sich selbst und das kleine Volk regieren, in dessen Mitte Sie leben, dass Sie, wenn Sie sich auch vom Glück blenden ließen, sich doch in Ihr Schicksal zu fügen und das Unglück zu ertragen wissen. Ich rate Ihnen, den Blick beharrlich von der großen Rolle abzuwenden, die Sie fast sechzehn Jahre lang gespielt haben, und sich Beschäftigungen zu schaffen, die ‹8› die gegenwärtige Leere Ihres Geistes ausfüllen und Ihnen die Einsamkeit so angenehm wie möglich machen, bis sich Ihr Schicksal erfüllt.

Si vous y réfléchissez, vous regarderez votre catastrophe comme un coup du Ciel, comme un bienfait de ce grand Être qui nous frappe pour nous sauver. Je vous exhorte de toute mon âme à revenir à cette religion, dont vous avez persécuté le premier ministre. Écrivez à ce saint pontife, recommandez-vous à ses prières, demandez-lui l'absolution des censures que vous avez encourues; donnez à vos nouveaux sujets l'exemple du respect pour leurs pasteurs, et de la soumission aux préceptes de l'évangile. C'est par cette conduite que vous vous ferez pardonner les longs malheurs de l'Europe, que vous deviendrez véritablement un grand homme, et que peut-être …

Wenn Sie darüber nachdenken, werden Sie Ihren Sturz als eine Fügung des Himmels ansehen, als eine Wohltat jenes höchsten Wesens, das uns schlägt, um uns zu retten. Ich beschwöre Sie von ganzer Seele, zu der Religion zurückzukehren, deren obersten Hirten Sie verfolgt haben11. Schreiben Sie diesem heiligen Papst, empfehlen Sie sich seinem Gebet, bitten Sie ihn um Lossprechung von den Kirchenstrafen, die Sie sich zugezogen haben; geben Sie Ihren neuen Untertanen ein Beispiel der Ehrfurcht vor ihren Seelsorgern und des Gehorsams gegenüber den Geboten des Evangeliums. Durch ein solches Verhalten werden Sie das lange Unglück Europas vergessen machen, werden Sie wahrhaft ein großer Mann werden und vielleicht …

Ne vous affligez pas de ma mort: la vie m'est à charge depuis long-temps. Je vous pardonne bien sincèrement les peines que vous m'avez causées, dans la persuasion où je suis que vous vous en êtes repenti plus d'une fois. Adieu pour l'éternité; je vais mourir satisfaite d'avoir eu la force de dicter cette lettre. Adieu, adieu, cher Napoléon! »

Trauern Sie nicht um meinen Tod: Das Leben ist mir längst eine Last. Ich verzeihe Ihnen von Herzen die Kränkungen, die Sie mir zugefügt haben, in der Überzeugung, dass Sie sie mehr als einmal bereut haben. Leben Sie wohl für die Ewigkeit; ich sterbe zufrieden, die Kraft gefunden zu haben, diesen Brief zu diktieren. Leben Sie wohl, leben Sie wohl, lieber Napoleon!«

De l'Imprimerie de Cellot.

Gedruckt bei Cellot.